ePrivacy and GPDR Cookie Consent by Cookie Consent

Episode 5 | Les Rencontres au Sommet de Val d’Isère

SKI & DÉVELOPPEMENT DURABLE : la transformation du modèle économique

 

Face au changement climatique, élus et professionnels appellent à repenser en profondeur le modèle de la montagne

Paris et Val d’Isère, le 23 avril 2026

À plus de 2 000 mètres d’altitude, dans le cadre de La Folie Douce à Val d’Isère, le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR) a réuni près de 150 décideurs publics et privés à l’occasion de la 3ᵉ édition des Rencontres au Sommet les 7 et 8 avril 2026.

Parmi les temps forts de ces Rencontres, une table ronde consacrée à la transformation du modèle économique des stations de montagne face au changement climatique a mis en évidence un constat désormais partagé : le modèle historique du “tout ski” est confronté à des évolutions structurelles qui imposent une adaptation rapide.

Une table ronde au cœur des mutations climatiques et économiques

Intitulée « Ski & développement durable : la transformation du modèle économique », cette table ronde a réuni élus, experts et professionnels autour d’une question centrale : le modèle actuel des stations est-il encore adapté aux réalités climatiques et économiques à venir ?

Autour de la table :

  • Christophe Fournier, Vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, délégué à l’environnement et à l’écologie positive, Maire de Glières-Val-de-Borne
  • Laurent Reynaud, Directeur général de Domaines Skiables de France
  • Francisca Herrera, Directrice générale de Hoteleros de Chile
  • Bruno Clément, Délégué Auvergne-Rhône-Alpes de la Fédération Nationale des Résidences de Tourisme

Un changement climatique déjà à l’œuvre

Les échanges ont rappelé que le changement climatique n’est plus une hypothèse mais une réalité mesurable.

Dans les Alpes, le réchauffement est estimé à +2°C depuis 1900, avec une accélération en altitude. Cette évolution a des conséquences directes sur l’enneigement :

  • Une baisse estimée entre -10 % et -40 % d’ici 2050 selon les scénarios ;
  • Une remontée de la limite pluie-neige ;
  • Un raccourcissement des saisons d’exploitation.

En dessous de 1 500 mètres, de nombreuses stations apparaissent désormais structurellement fragilisées.

Un modèle économique sous tension croissante

Au-delà des conditions climatiques, les intervenants ont mis en évidence une pression économique accrue sur les exploitants.

Le recours à la neige de culture, aujourd’hui déployée sur une part significative des domaines skiables, entraîne :

  • Une hausse des coûts énergétiques
  • Des investissements importants en équipements
  • Des enjeux croissants en matière d’acceptabilité environnementale

Dans le même temps, plusieurs exemples de fermetures ou de reconversions de stations, en France comme à l’international, illustrent une réalité désormais tangible : le tri entre les modèles viables et non viables est engagé.

Une tension structurante entre adaptation et transformation

La table ronde a fait émerger trois tensions majeures :

  • Modèle historique du ski vs réalité climatique ;
  • Adaptation technologique vs limites environnementales ;
  • Court terme économique vs vision stratégique de long terme.

Les échanges ont posé des questions structurantes pour l’avenir du secteur :

  • Jusqu’où adapter un modèle existant sans en retarder la transformation ?
  • Certaines stations doivent-elles repenser en profondeur leur positionnement, voire sortir du ski ?
  • Le modèle “quatre saisons” constitue-t-il une alternative économiquement viable ?

Vers un modèle plus diversifié et résilient

Les intervenants ont convergé sur la nécessité d’engager une diversification des activités, afin de réduire la dépendance au seul ski.

Plusieurs pistes ont été évoquées :

  • Développement d’activités estivales et outdoor ;
  • Valorisation du bien-être, de la nature et des savoir-faire locaux ;
  • Évolution vers des destinations “deux saisons” été / hiver, aucun modèle ne pouvant envisager les « quatre saisons » ;
  • Montée en gamme de l’offre et recherche de valeur.

 

Cette transformation implique des choix structurants, tant pour les collectivités que pour les exploitants.

Le GHR appelle à accompagner une transformation maîtrisée

En conclusion, Catherine Quérard a rappelé que « la question n’est plus de préserver le modèle existant, mais de construire le modèle qui vient ».

Le GHR défend une approche équilibrée, fondée sur :

  • L’accompagnement de la transition sans rupture brutale ;
  • L’acceptation de différenciations entre les territoires ;
  • Le soutien aux investissements nécessaires à la transformation ;
  • La recherche d’un modèle économique plus résilient et diversifié.

Le GHR appelle à éviter deux écueils : le déni des réalités climatiques et le renoncement économique.

Une réflexion stratégique appelée à se poursuivre

Le GHR poursuivra ses travaux dans les prochaines semaines afin de formuler des propositions concrètes pour accompagner les stations dans cette transformation, en lien avec les acteurs publics et privés du secteur.

Ces travaux s’inscrivent dans la continuité des Rencontres au Sommet de Val d’Isère, qui confirment que l’avenir du tourisme de montagne repose sur sa capacité à anticiper et à s’adapter aux mutations en cours.

La 4ᵉ édition des Rencontres au Sommet se tiendra, les 19 et 20 avril 2027 à Val d’Isère.

 

   

Photos ©ghr.fr - 1 à 4 : (G à D) Laurent Reynaud, Directeur général de Domaines Skiables de France, Christophe Fournier, Vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Francisca Herrera, Directrice générale de Hôteliers Chili, Bruno Clément, Délégué Auvergne-Rhône-Alpes de la Fédération Nationale des Résidences de Tourisme

 

Documents

Chemin