Depuis le 1er janvier 2022, tous les paiements effectués en ligne doivent être garantis par une « authentification forte du client », après plusieurs report de l’entrée en vigueur en France et dans notre secteur de l’ordonnance du 9 août 2017 transposant la Directive européenne de 2015. L’objectif est l’harmonisation des systèmes de paiement en Europe tout en prévoyant une amélioration de la sécurisation des transactions, notamment en ligne.
Le contexte de la réglementation
Cette réglementation concerne avant tout les prestataires de services de paiement (banques…). Néanmoins en apportant un nouveau cadre aux échanges monétaires, certaines dispositions impactent toutes les autres entreprises. Tout le commerce en ligne est en effet concerné par ce texte et plus précisément par la mise en place du principe de l’« authentification forte du client ». Ce principe repose sur l’utilisation d’au moins deux éléments indépendants que seul le client utilisateur connaît ou possède (question, code envoyé par un moyen de communication défini…) (cf. Article L133-4. Du Code monétaire et financier).
Cette authentification forte est désormais bien connue des consommateurs qui ont pris l’habitude de devoir confirmer un paiement en ligne via un code spécifique sur l’application de leur banque sur leur smartphone.
Cependant l’hôtellerie-restauration est un secteur avec des spécificités qui ont rendu la mise en place de cette réglementation très complexe. La principale particularité est le fait que la réservation et le paiement sont souvent réalisés à des moments strictement différents.
Par ailleurs des indemnités lors de no-shows ou d’annulations tardives peuvent être prélevées à l’initiative de l’établissement bénéficiaire du paiement. Pour permettre la sécurisation de ces transactions un mandat avec une authentification forte du client est donc désormais nécessaire au moment de la réservation en ligne, que celle-ci soit effectuée sur le site web direct de l’établissement ou via un intermédiaire de type plateforme en ligne (OTA…).
A noter que les réservations par téléphone et en direct à l’hôtel (dites MOTO) ne sont pas concernées par cette identification forte. De même les réservations ne comprenant pas de conditions d’indemnités, comme les tarifs entièrement flexibles, ne nécessitent pas de mandat de prélèvement le paiement se faisant à l’hôtels.
Que faire ?
Le GNI encourage donc ses adhérents à se rapprocher de de leur banque pour savoir si elle a pu développer un service dédié à l’hôtellerie. Peu de banques sont actuellement en mesure de proposer ce type de service (voir ici la liste des banques en cours de mise en place d’un service en septembre 2021 – aucune mise à jour disponible depuis) et certaines banques, non européennes principalement, refusent cette mise en place.
Si l’offre de votre banque est inexistante ou peu intéressante, le GNI vous invite à contacter votre channel manager et de votre PMS afin de connaître leurs partenaires « prestataire de service de paiement » (PSP dans le jargon de cette réglementation) Ces organismes de paiement (afone, payzen etc.) provoqueront de fait un coût supplémentaire que le GIN a signalé à la fois à l’administration française et européenne (dans le cadre de l’évaluation de la mise en place de la Directive)
Les OTAS
Concernant les OTAs, en 2019 Expedia et Booking.com ont envoyé des mails pour prévenir des modifications correspondant à leur mise en conformité avec cette réglementation européenne. Principalement les OTAs utilisent cette réglementation pour vous convaincre de souscrire à leur système interne de « paiement en ligne » afin de pallier cette nouvelle obligation. Le GNI rappelle aux hôteliers que cette solution génère néanmoins des coûts de commission bancaire, les cartes virtuelles soumises par Booking.com étant considérées par les banques comme des cartes professionnelles. Selon les négociations que chaque établissement a pu avoir avec sa banque sur ces frais de commission, la mise en place de cette solution aura un coût réel plus ou moins élevé.
En février 2022, Booking.com propose de plus un nouveau service de vérification des cartes bancaires des clients. Le GNI invite ses adhérents à considérer cette proposition avec prudence (Lire ici l’article d’information du GNI) car ce produit ne vous permet pas d’être conforme à la réglementation pour toutes les autres réservations que celles passées par Booking.com (notamment les réservations en direct) Si le produit a été activé pour votre établissement, lire ici comment le désactiver.
Concernant la restauration, LaFourchette de même que les leaders de la réservation en ligne en direct que sont Guestonline et Zenchef avaient précédemment réfléchi à la mise en place d’un principe « d’empreinte de carte » ou de pré-paiement pour garantir les réservations et limiter les no show (phénomène qui s’étend de plus en plus). Le GNI attend le retour de ces entreprises sur leur mise en place de l’authentification forte du client lors de ces réservations en ligne.
Pour tout renseignement complémentaire vous pouvez contacter le Département Europe et Numérique : v.martens[at]gni-hcr.fr